CULTURE ET PATRIMOINE
Histoire de la municipalité de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud |
Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud compte parmi les plus anciennes paroisses de la Côte-du-Sud. Fondé en 1713 par les autorités religieuses puis reconnu civilement en 1722, ce petit village agricole doit son nom à Pierre Blanchet, donateur du terrain sur lequel est érigée la première église en 1713. Elle est située à cette époque au nord de la rivière.
Après l’érection d’une deuxième église sur le même emplacement, Monseigneur Briand, évêque du diocèse de Québec, exige la construction d’une troisième église plus spacieuse, au sud de la rivière afin de faciliter la pratique religieuse des habitants résidants sur cette rive qui ne pouvaient se rendre à l’église lors des crues printanières. La relocalisation de l’église en 1785 amorce le déplacement du centre du village qui redessine le paysage de Saint-Pierre. Les habitants quittent progressivement les berges de la rivière-du-Sud pour s’établir sur le sommet des coteaux. En plus du déplacement du site de l’église, les fréquents éboulis, causés par l’affaissement des berges de la rivière, influencent ce mouvement, car quelques Saint-Pierrois y laissent leur vie au cours des années.
En 1776, la « Bataille de Saint-Pierre », qui opposent les Américains aux Britanniques, fait des victimes, mais elle affecte davantage la population par la division qu’elle engendre entre les habitants eux-mêmes. D’allégeance différente, on voit des pères se battrent contre leurs fils et les frères se battrent contre leurs frères.
Au fil du temps, chacun cicatrise ses blessures, le village se développe et offre des opportunités inattendus. Le passage d’une touriste américaine affirmant qu’il y a des trésors sous la terre fait découvrir aux résidents leurs riches sources d’eau souterraines, mais surtout leur talent de puisatier. Dès lors, plusieurs hommes s’adonnent à cette pratique et la transmettent d’une génération à l’autre pour ainsi marquer l’histoire de Saint-Pierre.
Outre ces nombreux creuseurs de puits, le travail laborieux des agriculteurs et des acériculteurs contribuent grandement au développement économique de la municipalité. Aujourd'hui, la population de Saint-Pierre compte quelque 900 habitants et pratique une vie sociale et culturelle diversifiée. Les loisirs et les sports occupent une place importante dans la vie de la petite communauté.
Depuis près de 300 ans, ce magnifique village est fier des trésors de son passé qui ont marqué son histoire. Saint-Pierre chérit fièrement ses richesses patrimoniales telles, son église historique (1785) classée bien culturel, son cimetière aménagé, ses maisons ancestrales dont l’agencement témoigne d’un mode d’occupation des terres datant du régime français et d’une maison qui abrite le premier collège classique de la Côte-du-Sud au début du XIXe siècle.
Pour son histoire particulière, pour la beauté de son paysage, pour sa vitalité culturelle et sociale, Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud constitue une destination à découvrir !
Église de Saint-Pierre et exposition d’art religieux |
Cette église est érigée en 1785 sur l’affleurement rocheux dominant la plaine agricole. Elle fut bâtie à la demande de Mgr Briand, évêque du diocèse de Québec, afin de faciliter la pratique religieuse des habitants résidant au Sud de la rivière et qui ne pouvaient se rendre à l’église lors des crues printanières. Elle se distingue des autres églises sur la Côte-du-Sud à la même époque par son plan en forme de croix latine.
Valeur patrimoniale
Classée monument historique en 1972, cette église possède une valeur patrimoniale reconnue, tant pour sa rareté, son ancienneté et sa valeur de témoignage de l’histoire rurale du Québec.
Les visites patrimoniales et les circuits découvertes
Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud Un clocher au milieu de la plaine
Visites guidées de l’église historique
Pour réservations, adressez-vous au presbytère au (418) 248-5668.
Le site institutionnel et le cimetière |
Logé au coeur de la plaine fertile, le village de Saint-Pierre s'est développé autour de son site institutionnel. Ce buton rocheux, impropre à l'agriculture, constitue le noyau du village au milieu duquel sont regroupées les principales institutions.
Un petit parc sur le lieu de l'ancien cimetière, le presbytère accroché à la pente du rocher et la place de l'église constituent un ensemble bien caractéristique de la région de la Côte-du-Sud. Jadis, on y retrouvait des maisons d'enseignement.
L'église et le presbytère à 2 étages de style monumental agit comme un repère visuel créant une image distinctive dès l'entrée du village. L'église en forme de croix latine et bâtie en 1785 reprend les grandes lignes de l’architecture religieuse des paroisses rurales érigées après la Conquête.
Sur le sommet du rocher, le cimetière domine tout le village et la plaine agricole. Dès son aménagement en 1908, la présence de la roche en surface oblige la Fabrique à réclamer de chaque propriétaire de lot le remblayage d'une grande partie de l'espace afin de pouvoir y pratiquer les inhumations. Un chemin de croix et un calvaire furent installés en 1953. On y retrouve de nombreux caveaux de familles appartenant aux membres de plusieurs générations de paroissiens.
Le cimetière de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud caractérise de façon originale le village et constitue l’un des endroits de sépulture le plus particulier au Québec. Les paliers ceinturés de sentiers et bordés de magnifiques érables créent une atmosphère propice à la détente et au recueillement. La qualité de l'aménagement y est remarquable; l'entretien et l'attention portés à la végétation et aux stèles funéraires en font un lieu unique et d'une grande originalité. Il importe de souligner que les cimetières aménagés sont rares au Québec. Le cimetière de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud fait parti de la deuxième période d’organisation des cimetières québécois, celle des cimetières-jardins qui débute au milieu du XIXe siècle et perdure jusqu’au début des années 1960. Ces cimetières, comme son nom l’indique, sont conçus à l’image de jardins anglais. La végétation et les aires de repos y sont omniprésents. Le cimetière de Saint-Pierre possède donc un intérêt historique et un potentiel d'interprétation qui s'ajoutent à ses qualités architecturales et paysagères.
Le rang du Sud et le patrimoine bâti |
La trame urbaine de la municipalité de Saint-Pierre est constituée traditionnellement d’une unité architecturale basée sur le style québécois qui lui donne un cachet particulier. À l’encontre des municipalités environnantes, les maisons de Saint-Pierre sont orientées face aux rues secondaires, perpendiculaire à la rue principale et vers le sud. Ce caractère distinctif, particulièrement présent ici, origine d’un mode d’implantation traditionnel qui remonte au tout début du Régime français.
Le rang Sud à Saint-Pierre témoigne très bien encore de la structure première de peuplement du rang. La localisation des bâtiments tient compte des contraintes topographiques et s’accorde avec la partie rocheuse et surélevée. Les façades des maisons sont orientés vers le sud afin de profiter du maximum d’ensoleillement. Ces conditions d’implantation produisent une unité de paysage mise en valeur par de gros arbres bordant la rue étroite.
Les maisons sur le rang Sud constituent des exemples typiques du paysage architectural rural québécois. On y retrouve de grosses maisons québécoises pour abriter des familles nombreuses, bien campées sur le roc avec leur longue galerie et un grand nombre d’ouvertures. La plupart conserve leur cuisine d’été rattachée le plus souvent au mur latéral de la maison du côté du nordet. Dans bien des cas, cette cuisine d’été est le dédoublement en miniature du carré principal. Elle constitue une adaptation de l’habitat face aux grandes variations climatiques. La maison s’entoure des différents bâtiments agricoles.
D’eau, de roc et d’argile, trois mots pour désigner un même village… |
D’eau
À Saint-Pierre, l’eau a profondément marqué l’histoire du village. Son territoire est parcouru de toutes parts de rivières naturelles. Traversé au Nord par la rivière-du-Sud, au Sud par la rivière Morigeau et ailleurs par cinq cours d’eau secondaires, l’eau est un élément vital de première importance.
La rivière-du-Sud, moyen de communication par excellence pour la population, pour le bois, est également à l’origine de la fondation du village installé sur ses rives.
Au cours de son histoire, les puisatiers ont fait de l’eau, essence de vie, la renommée de Saint-Pierre à travers le monde.
De roc
Construit sur le roc, le cœur du village et son site institutionnel est érigé dès le début de son histoire sur une crête rocheuse. Symbole de solidité et de durabilité, la paroisse est l’une des plus anciennes de la seigneurie de la Côte-du-Sud. La partie sud de Saint-Pierre est composée d’un relief montagneux faisant partie des vielles montagnes appalachiennes.
D’argile
Les terres de la plaine agricole de Saint-Pierre sont composées d’argile. Sol argileux et riche en sédiments laissés par le déplacement des glaciers, il retient l’eau et favorise l’agriculture. Les terres agricoles offrent un paysage riche en couleurs, signe de prospérité et des perspectives visuelles d’une grande quiétude.
Préparé par
Alain Franck,
MRC de Montmagny
Pour en savoir davantage sur Saint-Pierre-de-la Rivière-du-Sud:
Comité culturel. Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud, Histoire et patrimoine de chez-nous. Montmagny. La Plume d’oie Éditions, 2004, 447 pages. Ill.
Colombe Beaumont, Marie-Andrée Blais, Simonne Gagné et Béatrice Morden. À Saint-Pierre-du-Sud 1785-1985, on se rappelle. Montmagny, 1985, 300 pages.
Les églises et le trésor de Saint-Pierre-De-la-Rivière-du-Sud. Québec. Ministère des Affaires culturelles, collection les retrouvailles, no 4. 1978. 30 pages.